dimanche 10 juillet 2016

Considérations anthropologiques



Après 12 jours en Islande, il convient de vous faire part de quelques considérations anthropologiques que nous faisons…

Les Islandais et les Islandaises
Stéphanie a fait une catégorisation assez juste des Islandais et des Islandaises…
Les hommes : le Viking, le Cupidon et le Rustre.
Le Viking : yeux bleus, barbe, cheveux blonds roux rasés dans le cou mais toque sur le dessus, carré et assez beau. Généralement jeune. La testostérone, quoi!
Le Cupidon : grand, mince, angélique. Il a souvent les cheveux frisés ou longs, blonds pâles. Très beau. On se demande souvent s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. Air assez charmant et innocent.
Le Rustre : bourru, brun, pas particulièrement beau. Ordinaire. Sans doute un fermier ou un fils de fermier. Ridé de grand air.
Et d’autres, qui n’entrent pas tout à fait dans ces trois catégories : le sportif, avec son look cool et sa tuque Adidas jaune ou le tivieux-pas-de-dent qui taponne son motton de laine de mouton en regardant passer le temps.

Les femmes : la Scandinave, la Matrone et la Gaby-Gravel
La Scandinave : va avec le Cupidon. Grande, blonde-blanche souvent avec des tresses, cheveux longs, jeune et très belle.
La Matrone : brune et dodue. Porte la toque ou le cheveu court. Elle s’habille avec des leggings et un chandail noir extra large, et des skechers. Elle est souvent fumeuse.
La Gaby-Gravel : souvent très jeune. Porte le fond de teint de 3 centimètres d’épaisseur et de gros sourcils faussement dessinés. Le linge fite pas avec le maquillage parce que c’est rarement une poupoune.

Pareil comme chez nous (ou ailleurs dans le monde occidental…)

  • L’attitude désinvolte des ados. Ça chill ensemble, ça.
  • Les Zislandais taponnent aussi sans arrêt sur leur cellulaire.
  • Il y a des guimauves de foin plein les champs. La plupart sont nature. Mais on a aussi vu des guimauves à la menthe ou à la fraise.



  • La summer house de Borgarnes est meublée de IKEA. C’est scandinave après tout. Mais c’est aussi international.
  • Il y a tout plein de marques qu’on a chez nous… ce qu’on ne trouve pas particulièrement exotique.




  •  On a vu un PFK en entrant à Reykjavik. Déprimant.  On a aussi vu ça, où Stéphanie est allée pisser…



  • Sauf que, comme c'était la journée du match de l'Euro de l'Islande, y'avait comme un peu de patriotisme...


  • Pis à la pharmacie, il y a aussi ça.

 
"James, oh, James... tu me poursuivras donc jusqu'au bout du mooooode..."

Pas pareil… heureusement.

  • Le cellulaire… Oui, tout le monde taponne (c’est pareil, on vous l’a dit). Mais la différence : on parle allègrement au téléphone pendant qu’on conduit. Même le camionneur d’un gros 10-roues qu’on a croisé. Messemble qu’avec ce qu’il traine, il pourrait être un tipeu plusse prudent.
  • On n’a pas de pain quand on attend au resto. Si on en veut, on le paye. Si on a du pain, c’est une bébé tranche, avec une soupe commandée. Mais on a de l’eau en carafe tant qu’on en veut!
  • Oui, il y a des travaux sur les routes. Mais ça n’a rien à voir avec ce qui se fait chez nous. Et les cônes orange ne sont pareils.
  • Font pas beaucoup de recyclage. Ça nous a bien surprises, d’ailleurs.
  • Beaucoup de familles ont, dans leur cour arrière, un trampoline pour faire jouer les enfants.  Qui jouent tard, le soir.
  • L’école se termine à la mi-mai. Parce qu’après, il fait trop clair et les enfants ne sont pas couchables, donc pas en bonne forme pour aller à l’école le lendemain parce qu’ils manquent de sommeil. Et on demande aux enfants d’aider aux parents à travailler aux champs : les Islandais ont trois mois d’été pour faire toute la job de l’année… À Reykjavik, évidemment, c’est autre chose.  Parce qu’on ne fait pas les foins dans la capitale…
  • Il faut disposer nous-mêmes de nos déchets. Je veux dire, on traine notre sac dans la voiture et on lui trouve une binne quelque part.  Heureusement, il y a un camping tout près de la maison de Borgarnes qu’on visite, une fois de temps en temps. Pis Stéphanie fait ça sans même sortir du char!




Pis elle referme même la tite porte!
Une maison, à 3h de toute civilisation, au pied d’une montagne. On a passé plusieurs longues minutes à se regarder, les points d’interrogation dans les yeux, en articulant bien lentement pour détacher la seule syllabe: « Ouwaille? »

Ah oui : ce soir, on couche à macabanokanada de Niels, quelque part dans les hauteurs d’Akureyri, après une petite journée d’un peu plus de 100 km (mais ponctuée de quelques arrêts). 

Encore une fois, je suis contente que la Dacia Duster ait les quatre pattes motrices. Rapport au chemin qu’on a dû emprunter pour monter ici…


samedi 9 juillet 2016

Dans une heure...

C’est Niels qui avait dit: «Ne vous plaignez jamais de la température en Islande. Dans une heure… ça peut être pire.»  On l’avait trouvé ben drôle. Bon, mettons qu’on y a gouté aujourd’hui, dans les 350 kilomètres qui nous ont menées de Borgarnes à Siglufjordur.

1. Départ de Borgarnes sous la pluie et 12 degrés.
2. Un peu de soleil en chemin.
3. Re-de la pluie.
4. De la bruine.
5. Avec du soleil.
6. Du vent. À écorner tout un troupeau de beus.
7. Du frette: à peine 8. Avec le facteur éolien, mettons qu’on avait plusieurs pelures sur le dos et les yeux larmoyants.
8. Arrivée à Siglufjordur sous le frette.

Avec une température de schoutte de même, on n'avait pas le choix: on a mangé (une fois de plus) dans le char. Avec un lunch fait par la femme... 


Mais ce qu’on a vu, encore, arrache la gueule.
Un peu de paysages avec le soleil.  C’est toujours beau.  On explore une partie inconnue du pays (le nord) et on trouve ça beau, mettons. Ça ne ressemble pas tout à fait à l’ouest, mais un peu, quand même.


Un peu de nuages au loin. Avec le soleil. C’est toujours beau. Ça donne un autre air au paysage.



À cause de la bruine et du soleil en même temps, on a eu droit à deux splendides arcs-en-ciel. Ça a commencé par un reflet sur les nuages. Puis un vrai arc-en-ciel où on pouvait voir le début et la fin… Est-ce que ça voulait dire qu’il y avait deux chaudrons d’or? Ce n’est pas très évident sur les photos, mais les lignes de couleurs étaient très bien définies; on voyait le mauve tout en bas avec une belle précision. On a été quelques voitures de touristes à s’arrêter en bordure du chemin pour prendre des photos.  Avec le vent qu’il faisait, c’était du plus haut comique que d’essayer de rester debout, croyez-moi!




Même Stéphanie, lors de la visite d’une église du vieux XIXe siècle, a dû implorer quelque force surnaturelle pour rester debout.


Mais là, on ne vous parle pas des pauvres cyclistes doublés sur la route…

J’étais contente d’entrer dans un tunnel… au moins, on allait voir de quoi!!! Et j'allais pouvoir enlever un peu de pression sur le volant...

Même les moutons couraient devant l’auto. À la recherche de quoi? Un peu de chaleur? Qu’ils viennent se coller: j’ai un très fort désir de leur faire un câlin depuis plusieurs jours.  Comme Stéphanie et moi, on a eu envie de se coller sur un phoque, cet après-midi, après la visite du musée dédié aux… phoques. Bon, pour l’instant, les phoques c’est comme les elfes, c’est une légende: on ne les a pas encore vus pour vrai!

On couche à Siglufjordur ce soir. Dans les guides touristiques, ça disait que c’était le plus beau spot d’Islande pour voir le soleil de minuit. Ben, vous allez devoir vous contenter de ce que je viens de vous dire. Rapport qu’on ne verra absolument pas le soleil: c’est bouché et gris. Remarquez que, dans une heure, ça pourrait être pire…


vendredi 8 juillet 2016

Une journée de congé n'est pas un long fleuve tranquille...



Journée à chienner à la maison et dans les environs à effectuer des tâches bassement plus ou moins quotidiennes.

La maison.
Puisque vous le demandez (je suppose…), voici quelques photos de notre «chalet». Natalia et Niels appellent ça leur summer house. On a supposé que c’est parce qu’ils viennent ici l’été. Je pense que ça pourrait aussi être habitable l’hiver, mais sans doute que le chemin n’est pas déneigé. Parce que c’est presque une trail pour se rendre ici à partir de la route 50.
Niels était tout content de nous dire que son chalet avait été construit en «bois du Canada». Je vous jure. Bon. Je ne connais personne au Canada qui a ce type de maison en bois rond. Donc, c’est exotique. Parce que ça aurait été dolle d’habiter ma-cabane-au-Canada en Nislande… 


Contrairement au Canada, la maison d’ici est chauffée «par en-dessous». On profite des sources d’eau chaude de la région. Le plancher est constamment chaud, tout comme les murs où doivent circuler des tuyaux. On ne sait pas comment contrôler la température (et si même ça se contrôle!). Faque y fait chaud en viandàchien, des fois. Souvent.

Toute la patente pour la gestion de l'eau... Pas simple, mettons.
On trouve qu’il fait chaud. Alors, on laisse les portes ouvertes… ce qui fait entrer des mouches. Et les mouches islandaises sont aussi gossantes que les québécoises. Mais Stéphanie veille avec la tapette-en-grenouille.
C'est vraiment un tue-mouche! Ce n'est pas un bazooka!
Il y a une grande pièce salon-cuisine-salle-à-manger où on passe notre vie. Derrière, deux chambres, une petite pièce pour la télé et la toilette, là où il y a la laveuse à linge. Pas besoin de sécheuse. Avec la chaleur qu’il fait, on étend ça sur le séchoir et quelques heures après, notre linge est sec. Raide, mais sec.



L'entrée et la cuisine, vues de la mezzanine
Le salon, vu de la mezzanine
À l’étage, il y a une mezzanine avec une seule grande pièce où il y a de quoi coucher 8 personnes. On est allées beletter, mais on ne se tient pas là.



Le char.
Bof. Je dis toujours, quand je fais un échange de maison, que je ne viens pas en Europe pour faire une offre d’achat sur la maison échangée. Ben, c’est la même affaire avec le char. J’ai beaucoup aimé certaines voitures; j’ai un souvenir agréable de la Golf diésel de Teresa, en Espagne, ou de la Peugeot 305 de René et Michèle, à Lyon: des chars avec du cœur au ventre. Mais là, la Dacia Duster, c’est une plaie.  D’une vachitude sans nom. Plus vache qu’Azarius, c’est vous dire!!! À 30 km/h, j’ai déjà shifté 4 fois… À 60 km/h, je dois déjà être en 6e vitesse (la dernière). C’est pas un camion 45 pieds que je conduis, calvinisse, c’est une voiture!
Le seul élément intéressant, c’est qu’elle a 4 roues motrices (c’est pour ça que j’avais choisi cette voiture, à l’agence de location). Avec les chemins de garnotte qu’on a arpentés ces derniers jours, j’étais bien contente de pouvoir lui mettre ses quatre pattes. Pour le reste, c’est d’un ennui à périr à conduire. Même si elle est écologique parce qu’elle s’arrête toute seule quand je la mets au neutre, à un feu rouge. Je n’ai qu’à remettre le pied sur la pédale d’embrayage pour que le moteur reparte tout seul… Vous dire la face que j’ai fait la première fois que le char a décidé de se gérer lui-même. J’a-guis-ça, des affaires qui décident pour moi.



La séparation des tâches.
Stéphanie s’occupe de nous faire des lunchs pour manger dans le char le midi, de nous préparer le déjeuner et de faire le souper.

Le char, par exemple, c’est mon domaine! C’est moi qui conduis, qui met l’essence dans le char et qui le lave… Mais c’est aussi moi qui fais le lavage. On a la séparation des tâches ben moderne.

On arrivait des fjords de l'ouest: le char était sale!!!

... il a fallu le laver! Parce qu'on n'arrête pas de se coller dessus!
En ce vendredi. Tâches bassement ad hoc.
On a passé ce vendredi à essayer de se reposer: on s’est levées tard, on a fait un peu de lavage, un peu de char… On est allées à Borgarnes (à 20 km) parce qu’on voulait faire l’épicerie et profiter du wifi dans un resto.
On a tout pour rester ploguées: deux tablettes, deux téléphones et un ordinateur!
J’ai personnellement pogné les nerrrres (je n’ai tellement pas de patience pour les bébelles électroniques et les gens qui les gèrent d’une façon innocente). J’ai passé deux heures à chatter avec un préposé innocent chez Rogers (mon fournisseur de cellulaire) parce que je voulais avoir des données supplémentaires en itinérance. Il me proposait un forfait pour les Zétazunis… avant que je lui fasse réaliser que je suis en Nislande. Pis que Lislande, c’est en Neurope. Je pense qu’il n’avait jamais vraiment regardé un globe terrestre, lui. Bon, j’ai fini par régler ça, non sans me mordre le dedans des joues de désespoir.
Pendant ce temps, Stéphanie a eu le temps d’appeler son assurance voyage à Montréal, savoir ce qu’elle peut faire pour aller voir un dentiste, décider et aller à la clinique à côté (qui était fermée… mais le médecin l’a reçue pareil… t’sais, dans le genre «service», on peut difficilement faire mieux), aller chercher ses peununes à la pharmacie (où le médecin avait appelé pour les faire préparer), faire l’épicerie, acheter des bottes, acheter une carte mémoire pour moi… et m’attendre comme une pauvre femme à côté du char.

On est rentrées à la maison pour finir tranquillement la journée. Écriture de cartes postales, lichage de timbres (j’ai du mal à croire que le timbre à licher existe encore). 



Pis on n’a même pas fait le ménage des photos, ce à quoi la «journée de congé» devait servir.  Il nous reste encore à plier le linge séché et paqueter nos valises pour le tour de l’ile qui commence demain.  Une journée de congé n’est vraiment pas nécessairement tranquille…

jeudi 7 juillet 2016

De quelques affaires bizarres


On vous l’a déjà dit (pour ceux qui suivent et qui sont capables de faire des liens): on a visité le musée de la sorcellerie à Holmavik et le musée des monstres marins à Bildudalur. Dans les deux cas, on est ressorties de là fort perplexes. C’est juste qu’il faut croire. Pis nouzautres, mettons qu’on a un tipeu de la misère à croire aux sorciers et aux monstres, fussent-ils islandais, dans le premier cas, et marins, dans le second.

Hier, quelque part sur la route, on a croisé le musée du folklore en plein milieu de nulle part, à Hnjotur. Aucune idée de pour de quessé que ça s’appelle de même. Parce qu’il y a deux choses d’exposées : un avion écrasé et dépecé dans un champ et des outils provenant d’un bateau échoué. Comme c’est au milieu de nulle part, ne faites surtout pas de détour pour y aller. Mais, heureusement pour Stéphanie, il y avait des toilettes dans l’entrée du musée…

Vous comprenez donc qu’à Reykjavik, on ne pouvait pas passer à côté du musée du pénis.  Oui, oui. En anglais, ça se dit The Icelandic phallological museum, ce qui a été traduit, en français, par «La phallalothèque d’Islande».  Mouais. Dans le genre traduction poche, c’est assez pas pire. Si vous venez à Reykjavik, ne faites pas le détour. Je ne suis pas particulièrement prude (Stéphanie non plus, qu’elle dit), mais il y a comme un malaise à voir des pénis de baleine, de phoque, d’ours… tous gardés dans le formol. Il y a aussi toutes sortes d’affaires toutes plus laides les unes que les autres: des lampes en pénis, des ouvre-bouteilles en pénis, des pots à fleurs en pénis, un téléphone en pénis. Bon, ça va, vous avez compris. Ce qui nous a toutefois fait rire, c’est une référence à l’émission Des kiwis et des hommes, à Radio-Canada, l’émission où Francis Readdy et Boucar Diouf étaient pliés en deux devant le stoïcisme du petit Chinois qui leur présentait comment cuisiner la palourde royale…  C'est ici (palourde royale) si vous l'avez oublié. Nous, on l’a encore ri, celle-là, cet après-midi.


Pis après, on est allées visiter la cathédrale. Avouez qu’il y a comme un concept ici…


Bon, des affaires bizarres, il en arrive même quand on essaie d’être sérieuses. La preuve? Je cherche depuis notre arrivée l’album Tintin au Tibet en islandais. C’est le tout premier Tintin que j’ai eu, peut-être à 8 ans. Quand j’en ai la chance, je m’achète un exemplaire de Tintin au Tibet dans la langue du pays visité. Je cherche donc Tinna í Tíbet. Pas moyen. Quelques albums de Tintin au Eymundsson, la grande chaine de librairies islandaise, mais pas celui du Tibet. Je suis déçute. Même une gentille dame dans un Tourist Info a fait quelques appels pour moi. Nei. Pas possible. Comment un album de Tintin peut-il ne pas être disponible??? On parle de Tintin, ici. Pas d’un obscur personnage d’une mythologie lointaine. Tintin, cibole. Le petit reporter qui a sans doute fait que j’ai envie de voyager! Bon, je me suis rabattue sur le deuxième album que j’ai eu: Le Lotus bleu. J’avais demandé à avoir cet album parce que c’est dans cette histoire que Tintin rencontre Tchang, le Chinois qu’il va aller sauver dans Tintin au Tibet. Je veux dire… même à 8 ans, je faisais déjà des liens dans mes apprentissages.




mercredi 6 juillet 2016

Problèmes de mâchoire

Il faut se tenir la mâchoire.  Peut-être à cause des centaines de kilomètres avalés depuis deux jours?
Reste que.  Combien de fois on a eu la bouche ouverte, ne sachant pas trop quoi dire… ou en répétant, ad nauseam: «Ayoye. Mais c’est donc ben beau…»


Quarantéun fjords bien comptés. Oui, je sais, l’orthographe rectifiée commande que j’écrive fiords-avec-un-I, mais je trouve ça laid, moi qui dis à mes étudiants que la beauté de l’orthographe d’un mot n’est pas une règle. Dizuite hier et vintetrois aujourd’hui. Tous montés sur le même frame: de la roche, un peu de verdure, des parois et, en bas, de l’eau. Je ne vois pas ce qu’il y a de tellement émouvant là-dedans. Mais on a tripé comme deux mongolàbattries.

Les routes pour se rendre sont épiques, tantôt en asphalte, mais le plus souvent en garnottes. Entretenues de façon variable.  Heureusement, il a fait beau, parce que ça aurait pu être hasardeux. En tout cas, ça aurait été plate, on n’aurait rien vu.  Mais « faire beau » en Nislande, c’est variable : en quelques minutes, on entrait dans les nuages – et ça donnait un look féérique aux paysages. Puis, on en ressortait, soit parce qu’on était au-dessus des nuages, soit parce que les nuages eux-mêmes se dissipaient. Magique. Parce que pour le reste, je vous rappelle que ce n’est que de la roche et de l’eau. Faut relativiser, des fois.

Mais quelle roche!!! On se disait, encore une fois, que Lislande était un terrain de jeu splendide pour les géologues. La route, qui serpente, nous permet d’être parfois sur le dessus de la montagne (et voir le fjord, en bas) ou d’être en bas, sur le bord de la mer. Les deux vues sont majestueuses pour des raisons différentes.  Les falaises sont impressionnantes… Évidemment, aucune photo ne peut rendre justice à l’ampleur de l’endroit, même si Stéphanie en a pris plus de 1000 avec mon kodak.  En v’là quelques-unes, quand même, pour que vous puissiez faire aller votre imagination…








Quelque part, au fil de ces routes tortueuses, des villages. Ben, des amas de maisons. Je ne sais pas à quel point on peut appeler ça des villages. Mais ils font des efforts pour attirer le touriste : on a visité le musée de la sorcellerie et celui des monstres marins. Vous jure. Et là, plantée au milieu de nulle part, une église. On se demande, d’ailleurs, qui peut bien aller là pour l’office du dimanche.


On est rentrées à la maison à 1h45, après 3h non-stop de route asphaltée. À cette heure-là, le trafic est léger… et j’ai pu rouler à bonne vitesse. Ce n’est pas tant la quantité de kilomètres avalés (autour de 1000) en deux jours qui épuise, mais le fait d’avoir eu la mâchoire décrochée en permanence.

mardi 5 juillet 2016

Les fois où on n'est pas sorties du char

Pour compenser pour hier, aujourd’hui, on ne sort pas du char. On part pour une randonnée autour des deux péninsules des fiords de l’ouest. Y’a du gaz dans le char et Stéphanie nous a fait un lunch qu’on va manger dans le char. C’est pour dire.


Première sortie extravéhiculaire: Holmavik. On ose aller visiter le musée de la sorcellerie.  Si on avait une petite envie de sang de vipère, ça vient de nous passer. Il fut un temps, heureusement lointain, où la région des fiords de l’ouest regorgeait de sorciers. Mais rassurez-vous: ils ont tous été brulés au bucher.  Ouf.


Deuxième sortie extravéhiculaire: près de Sudavik.
Une petite maison tenue par un couple âgé qui offre du café et des gaufres, dans un anglais très très très approximatif.

On a pris un chocolat chaud, un thé et deux gaufres faites en cœur. Le bonheur dans la bouche. On jase avec un couple de Français venu, lui aussi, se chercher un café et une gaufre. Des maniaques d’oiseaux.  Sont servis, en Nislande. Parce que des zoizeaux, y’en a tout plein. C’est la seule faune digne de ce nom, d’ailleurs.


Total:
- 500 kilomètres de route des fois pavées, des fois en garnottes. J’ai l’habitude de la garnotte (après les 700 km du Labrador, plus rien ne m’effraie!), mais ça ralentit la procession.
- Deux sorties extravéhiculaires.
- Plus de 500 photos prises par Stéphanie au bord de la crise d’apoplexie tellement c’est beau, les fiords de l’ouest.

Tout ça en  8 heures...

Ce soir, dodo à Sudureyri, tout près d’Isafjordur, au bout d’un tunnel qui a une intersection et qui n’a qu’une seule travée pour les véhicules qui vont dans les deux directions… L’orgasme quand on croise, je vous jure. Mais on ne sort pas du char.