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vendredi 1 juillet 2016

De glace et de feu


Bon.  On est en Islande. Pis même si c’est l’été, répétez avec moi: «Fafrette». Stéphanie fait dire «Ben frette».  On le savait, on ne va pas se plaindre. Mais un vent à 70 km/h sur le dessus d’un glacier, mettons que. Ou sur le dessus d’un cratère de volcan. (Ève? Pourquoi le vent, il souffle par bourrasques qui nous jettent à terre?)


On a pris un genre d’autobus, au bout de la route 550 (je ne peux pas croire que cette route-là était numérotée… dans son état de garnottes avancées…). Ça nous a amenées sur («sur» dans le sens de «dessus») le glacier.  Les pneus qui se dessoufflent («déflater» a dit notre gentille guide) automatiquement quand on arrive sur le glacier. Ben, c’est le chauffeur qui pèse sur le piton approprié pour enlever de l’air dans les pneus pour qu’ils aient plus d’adhérence sur la neige et la glace. C’est correct, je trouve. Je n’ai pas trop de problème à attendre pour ça, mettons.  On roule sur la neige, dans la sloche et sur la glace. (Richard? Tu aurais dû dégonfler les pneus de ton Safari Condo pour te sortir du chemin du Rassemblement d’hiver, non?)


Et là, arrive l’entrée du glacier Langjökull.  Creusée de main d’homme au début, puis à la scie à chaine et maintenant entretenue au John-Deere. Je connais certains de mes amis qui prendraient plaisir à nettoyer l’intérieur du glacier, juste à cause de ça… (Daniel? Frédéric? Si on fournissait des palettes, en plus, ça vous dirait?)


On était habillées comme des ognons (remarquez l’orthographe rectifiée). Chandail à manches longues, polar, premier manteau, deuxième manteau imperméable. Pantalons de pluie. Tuques. Foulard. Gants. Bottes. On nous a fourni des crampons. (Banane? Mimi? Ça ressemble à notre voyage en République Tchèque ça, non?)

C’est parce que le glacier, dedans, il fond. En fait, non. Le glacier ne fond pas. C’est la neige qui est au-dessus qui fond et qui pénètre la glace. Sauf autour des lumières. (Alexandre? C’est pas supposé chauffer, des DEL. Pourquoi la glace fond autour, alors?)


Petit Gauty (c’est son nom…) qui nous a expliqué ça très sérieusement, avec sa tuque lui aussi. On était à 25 mètres de creux, on a marché à peu près 600 mètres sur la glace et dans l’eau, dans une couche de neige puis dans une couche de glace (Sara? Mes Blundstone sont étanches!!!)

On a vu une crevasse, trouvée par hasard. Genre que les débiles creusaient pour avancer le tunnel à visiter, pis là, tout à coup, ils ont pogné une «veine d’eau». La chienne leur a pris et ils sont sortis en courant… parce que l’eau s’est mise à jaillir de partout. Mettons que ça te tente pas de rester pris «dans» le tunnel d’un glacier qui se remplit d’eau (Sophie? Louis? Ça ne vous fait pas penser à Arnaldur Indridason?)

Dans le genre exploration dépaysante, on a gagné le gros lot. Mais on en est sorties vivantes! Après le tunnel de lave hier, le dedans d’un glacier aujourd’hui.  On fait dans les éléments de la nature, je trouve. (Alexis? Est-ce que ça te fait plus penser à Naruto, à Bakugan, à Yo-Gi-Oh! ou à Fairy Tail?)

On a continué l’exploration de notre région d’adoption. Un cratère de volcan. Éteint, j’espère.  Vous dire le vent qu’il y avait là, ça nous a empêchées de faire le tour.  On allait se crasher dans le trou, c’était sûr! Regardez-nous l’air. (Mic? Émilie? Je suis sûre que vous faites plus dur que nous!!!)





jeudi 30 juin 2016

On n'a rien vu



Je vous jure. On n’a rien vu.  Ben, en fait, on a vu ça.


On était dans le noir total, au bout d’une marche de 600 mètres dans… un tunnel de lave.  Moi qui voulais être volcanologue dans une autre vie, j’ai été servie!  Un tunnel de lave!!! Je vous jure, ça ne s’invente pas. Et ça s’appelle Vidgelmir.  Prononcez ça comme vous voulez, mais ça ne se dit pas Vide-Jel-Mir. Sachez-le.

Ça a commencé sur le dessus. On est arrivées avec un peu de broue dans le toupette. Moi qui n’ai pas l’habitude de faire des détours en voiture, là, y’a fallu en faire un parce qu’on était passées tout dwette. C’était juste pas bien indiqué… Mais ça valait la peine!

Un tunnel de lave.

J’en reviens pas encore.



Deux heures à descendre dans les entrailles de la terre. À regarder des roches de lave, des stalactites et des stalagmites de lave et de glace. Fascinant. Formés il y a mille ans, lors d’une éruption volcanique. Évidemment. L’endroit est fraichement aménagé. Il y a quelques semaines, il fallait descendre en marchant sur les grosses roches, en se tenant avec un câble. Niet pour moi. Mais là, avec l’escalier en bois fraichement construit, ce fut très agréable. Ça ne m’a pas empêchée de me péter le crâne sur une paroi un peu trop basse. Heureusement, on avait un casque de mineur… avec une lampe frontale. 


Rendus presque au bout du tunnel (il restait encore 600 mètres de spéléologie à faire!), on s’est assis sur des roches et le guide nous a demandé de fermer nos lampes frontales.  Le noir total.  TOTAL.  Rien.  On ne voyait rien. Pis l’autre qui nous racontait l’histoire des 13 pères Noël islandais qui donnent des pommes de terre aux enfants qui n’ont pas été très sages. C’était magique. Jamais je n’ai vraiment réalisé que j’étais à 600 mètres sous terre, moi qui suis un-peu-pas-mal claustrophobe. Noir total, je vous dis. Comme sur la photo…

Le gentil guide, Haukvaldur (c’est son nom…), nous a dit qu’on était le plus beau groupe qu’il avait eu! Ben, on était juste 4 : Stéphanie et moi, et un couple de Néerlandais. Il nous a aimés parce qu’on a posé beaucoup de questions. Ben… c’est parce qu’on voulait savoir, tiens. Alors, on a fait nos touristes (faut s’assumer!) Ça s’est fini avec une photo avec notre guide, 22 ans, petit (ben, évidemment plus de sipié) étudiant en géologie.


Bon, c’est vrai qu’on n’a pas juste rien vu aujourd’hui. On s’est fait humidifier aussi.



Pis on a pris notre premier verre de vin au soleil pas pantoute couchant, à 22h30.

Oui, on le sait, ça a l'air d'une photo de voyage de noces... Énéwé, on passe déjà pour un couple!!!