La fois où on est sorties du char pour mettre du gaz dans le
char. C’est qu’on part pour une randonnée autour de la péninsule de Snaefellsnes. Autant nourrir le
véhicule avant le grand départ…
La fois où on est sorties du char pour prendre en photo le
glacier du Snaefellsjokull,
sous toutes ses coutures. Plus on
approchait, plus on voulait prendre des photos.
La fois où on est sorties du char pour marcher sur le bord
de la mer à la recherche de phoques qui ne sont jamais venus. C’était la marée
basse, ceci expliquant peut-être cela.
La fois où on est sorties du char pour prendre des phares en
photo. C’est à cause de la revue Pédagogie
collégiale qui est «phare et reflet» du réseau collégial. Comme je suis la
secrétaire des réunions du comité de rédaction, c’est avec plaisir que je mets
des photos de phare sur les procès-verbaux de nos réunions. Autant se refaire
un stock de photos de phare. Sauf que, comme a dit Stéphanie, les Islandais ont
le phare modeste. Alors que les Égyptiens ont le phare à on (je la ris tout le
temps, celle-là, même si je sais qu’elle est très gnaiseuse…)
La fois où on est sorties du char pour visiter l’église
noire qui doit sa survie – et sa reconstruction – à une femme dont j’ai
(évidemment) oublié le nom. C’est fou ce que l’Islande doit à ses femmes. J’espère qu’elle s’en rappelle.
La fois où on est sorties du char pour rendre hommage à un
illustre personnage islandais dont on a aussi oublié le nom, mais pour qui une
madame (une autre…) a fait une assez impressionnante sculpture.
La fois où on est sorties du char pour voir des falaises de
basalte vivre aux pieds de la mer. Restants d’éruption volcanique d’une autre
époque.
La fois où on est sorties du char pour aller crier dans une
grotte créée par l’effondrement d’un cratère. La dite grotte était sur la route
F-570 qui menait au glacier. Y’a fallu mettre les quatre pattes à la voiture et
monter en 2e vitesse.
La fois où on est sorties du char pour aller jouer dans la
neige du glacier, un peu après la grotte. Ça m’a permis de faire ma smatte avec
mon ticheurte de Lalaska alors que je suis en Nislande. Encore les quatre pattes à la voiture et une
montée vertigineuse dans une route d’une voie de large… qui rencontre. Je ne vous dis pas la descente de cette
route: les quatre pattes, toujours, la première vitesse et le moteur qui nous
descend ça sur la compression. Une
certaine jouissance, j’avoue.
La fois où on est sorties du char pour aller voir d’autres
falaises. C’est impressionnant.
La fois où on est sorties du char pour prendre des photos de
lave. Je vous ai déjà dit que, dans une autre vie, je voulais être volcanologue.
Vous imaginez mon orgasme quand je peux toucher à de la lave?
La fois où j’ai dit: «Wow! Ça fait 7 kilomètres qu’on fait
et on n’est pas encore sorties du char…»
La fois où on est sorties du char pour que je puisse me
mettre les pieds dans l’eau, sur une des plages du parc national du
Snaefellsjokull. Je peux-tu vous dire que c’était frette?...
Bon, pis rendu là, il était 16h et on n’avait pas la moitié
du périple de la journée de complété.
Pis on commençait à avoir mal aux cuisses:
entre-sort-entre-sort-entre-sort-du-char…
La fois où on est sorties du char pour regarder le champ de
lave, à la croisée de la 54 et de la 56. Encore une fois, orgasme contenu, mais
orgasme pareil.
La fois où on est sorties du char pour monter les 73 mètres
qui mènent au sommet du Helgafell. Si on monte en suivant le sentier, en
silence, sans regarder derrière, on peut faire trois vœux une fois en haut et
en regardant vers l’est. J’ai fait mes
trois vœux. Vous ne saurez pas ce que c’est. Na.
La fois où on est sorties du char pour aller souper sur le
port de Stykkisholmur. Charmant. Absolument charmant. On profité du ouifi de l’endroit
pour réserver un dodo pour demain soir. Et chialer (moi, surtout… j’assume!)
sur les Français qui étaient à la table d’à côté. On trouve que les Français et les Allemands
ont envahi l’Islande.
La fois où on est sorties du char pour aller rendre grâce à
on-ne-sait-pas-trop-qui-qui-a-donné-son-nom-à-cette-église-laide-là, à Stykkisholmur.
350 kilomètres autour de la péninsule de Snaeffellsnes (prononcez ça comme vous
voulez). À finir la journée complètement lessivées, à cause du nombre de fois
où on est sorties du char.





































