lundi 4 juillet 2016

Les fois où on est sorties du char

La fois où on est sorties du char pour mettre du gaz dans le char. C’est qu’on part pour une randonnée autour de la péninsule de Snaefellsnes. Autant nourrir le véhicule avant le grand départ…

La fois où on est sorties du char pour prendre en photo le glacier du Snaefellsjokull, sous toutes ses coutures.  Plus on approchait, plus on voulait prendre des photos.

La fois où on est sorties du char pour marcher sur le bord de la mer à la recherche de phoques qui ne sont jamais venus. C’était la marée basse, ceci expliquant peut-être cela.

La fois où on est sorties du char pour prendre des phares en photo. C’est à cause de la revue Pédagogie collégiale qui est «phare et reflet» du réseau collégial. Comme je suis la secrétaire des réunions du comité de rédaction, c’est avec plaisir que je mets des photos de phare sur les procès-verbaux de nos réunions. Autant se refaire un stock de photos de phare. Sauf que, comme a dit Stéphanie, les Islandais ont le phare modeste. Alors que les Égyptiens ont le phare à on (je la ris tout le temps, celle-là, même si je sais qu’elle est très gnaiseuse…)

La fois où on est sorties du char pour visiter l’église noire qui doit sa survie – et sa reconstruction – à une femme dont j’ai (évidemment) oublié le nom. C’est fou ce que l’Islande doit à ses femmes.  J’espère qu’elle s’en rappelle.
La fois où on est sorties du char pour rendre hommage à un illustre personnage islandais dont on a aussi oublié le nom, mais pour qui une madame (une autre…) a fait une assez impressionnante sculpture.

La fois où on est sorties du char pour voir des falaises de basalte vivre aux pieds de la mer. Restants d’éruption volcanique d’une autre époque.

La fois où on est sorties du char pour aller crier dans une grotte créée par l’effondrement d’un cratère. La dite grotte était sur la route F-570 qui menait au glacier. Y’a fallu mettre les quatre pattes à la voiture et monter en 2e vitesse.

La fois où on est sorties du char pour aller jouer dans la neige du glacier, un peu après la grotte. Ça m’a permis de faire ma smatte avec mon ticheurte de Lalaska alors que je suis en Nislande.  Encore les quatre pattes à la voiture et une montée vertigineuse dans une route d’une voie de large… qui rencontre.  Je ne vous dis pas la descente de cette route: les quatre pattes, toujours, la première vitesse et le moteur qui nous descend ça sur la compression.  Une certaine jouissance, j’avoue.


La fois où on est sorties du char pour aller voir d’autres falaises. C’est impressionnant.

La fois où on est sorties du char pour prendre des photos de lave. Je vous ai déjà dit que, dans une autre vie, je voulais être volcanologue. Vous imaginez mon orgasme quand je peux toucher à de la lave?

La fois où j’ai dit: «Wow! Ça fait 7 kilomètres qu’on fait et on n’est pas encore sorties du char…»

La fois où on est sorties du char pour que je puisse me mettre les pieds dans l’eau, sur une des plages du parc national du Snaefellsjokull. Je peux-tu vous dire que c’était frette?...

Bon, pis rendu là, il était 16h et on n’avait pas la moitié du périple de la journée de complété.  Pis on commençait à avoir mal aux cuisses: entre-sort-entre-sort-entre-sort-du-char…

La fois où on est sorties du char pour regarder le champ de lave, à la croisée de la 54 et de la 56. Encore une fois, orgasme contenu, mais orgasme pareil.

La fois où on est sorties du char pour monter les 73 mètres qui mènent au sommet du Helgafell. Si on monte en suivant le sentier, en silence, sans regarder derrière, on peut faire trois vœux une fois en haut et en regardant vers l’est.  J’ai fait mes trois vœux. Vous ne saurez pas ce que c’est. Na.

La fois où on est sorties du char pour aller souper sur le port de Stykkisholmur. Charmant. Absolument charmant. On profité du ouifi de l’endroit pour réserver un dodo pour demain soir. Et chialer (moi, surtout… j’assume!) sur les Français qui étaient à la table d’à côté.  On trouve que les Français et les Allemands ont envahi l’Islande.

La fois où on est sorties du char pour aller rendre grâce à on-ne-sait-pas-trop-qui-qui-a-donné-son-nom-à-cette-église-laide-là, à Stykkisholmur.

350 kilomètres autour de la péninsule de Snaeffellsnes (prononcez ça comme vous voulez). À finir la journée complètement lessivées, à cause du nombre de fois où on est sorties du char.




dimanche 3 juillet 2016

Tâches bassement quotidiennes



Bon. Puisqu’il le faut, faisons.
Tâches bassement quotidiennes, une fois de temps en temps.

Ce matin, on a décidé de chienner un peu au lit. C’est qu’on se couche tard, mettons. Comment voulez-vous qu’on ait envie de se sacrer à l’horizontale à une heure décente quand il fait clair toute la nuit? On a ben de la misère. Faque on se couche tard et on a envie de se lever tard. Mais ces derniers jours, on avait mis le cadran pour se lever tôt. On s’est donc reprises ce matin: on vache au lit. Jusqu’à 9h.

Vers 9h30, on a pris une douche. On s’est toutes les deux lavé les cheveux. C’était sans doute nécessaire.  Après, on a déjeuné. Puis fait la vaisselle. On n’essuie pas grand-chose, par exemple. On laisse chesser. On n’essuie que les ustensiles de plastique bleu de la CSQ qui vont dans le sac à lunch, parce qu’on s’en sert tous les jours.



Parce qu’on est rendues là, il a fallu faire une petite brassée de lavage. On a regardé comment ça fonctionne (je connais, c’est une laveuse européenne). On a mis le savon et parti la patente. On sait qu’on en a pour une heure. Il est 11h05.  À 12h10, la brassée est finie. C’est qu’on a juste «rincé» notre linge: le savon est encore dans le petit tiroir. M’est d’avis que ça marche pas comme du monde, cette laveuse-là. En tout cas, le linge n’est peut-être pas lavé, mais il est rincé. Pis on va le porter de même, quand il sera chesse!


Stéphanie nous a fait un beau lunch (c’est sa job de femme) et moi, je conduis (c’est ma job d’homme). Lunch qu’on a mangé, installées dans l’auto, à Akranes. On a aussi arpenté l'épicerie pour une quatrième fois en moins d'une semaine. Installées dans un café, on a aussi écrit des cartes postales.

Pour souper, on a mangé des fish’n’chips dans un chouette resto de Reykjavík. On a aussi profité du passage devant une boite aux lettres pour faire les premiers envois.

Au retour à la maison, vers 23h15, on s’est d’abord occupées de plier nos vêtements chesses et de les ranger. On s’est ensuite attablées avec un chocolat chaud et une tranche de gâteau au citron pour mettre de l’ordre dans les photos et pour écrire ce blogue, comme tous les soirs.  Comme les nuages ont disparu, ça nous fait un splendide coucher de soleil (il devrait se lever sous peu), à minuit.


Ah oui: accessoirement, on a visité Akranes et son phare («Phare ever», dirons-nous aux distingués membres du comité de rédaction de Pédagogie collégiale), tout comme on a arpenté le centre-ville de Reykjavík, en flânant dans les boutiques, en errant au hasard dans les rues selon l'envie de nos souliers, en regardant les Zislandais et les moins Zislandais espérer la victoire de leurs vikings à l’Euro (raté!) en profitant du soleil.  Mais c’est poche, ces visites, comparées aux tâches quotidiennes.

samedi 2 juillet 2016

Tu parles d'un adon



Ce matin, Stéphanie et moi avons décidé de passer «par les terres» pour aller visiter le Cercle d’or. On suppose que ce n’est pas pour rendre hommage à un gars qui pisse à terre, en rond, dans la neige, que ça s’appelle comme ça (on a vraiment vu ça sur une carte postale…)
On est donc passées par nulle part. Tellement nulle part qu’on avait du ouifi pour mettre des affaires sur Facebook… Ils sont de même, les Islandais.

Dans l’ordre, on veut voir:
1- Thingvellir: la faille entre les plaques nord-américaine et européenne;
2- Geysir: là où est né le premier geyser qui a d’ailleurs donné son nom islandais au phénomène;
3- Gullfoss: ça a l’air que c’est une belle chute qui se compare au Niagara.

Mettons que c’est à peu près ça qu’on a fait.  Parce que, tu parles d’un adon…
En arrivant à Thingvellir, on taponne pour trouver le stationnement, on va aux bécosses… pis on se décide à aller marcher sur la faille. Quand tout à coup, Stéphanie et Émilie se crient après: «Stéphaniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!» «Émiliiiiiiiiiiiiiiiie!»  Réalisant qu’on va croiser nos amis, je suis émue, moi aussi: «Ah ben, bazwell…»  Et je me garroche dans les bras de Michaël.  Bon, c’est pas parce que ça faisait longtemps qu’on s’était vus: trois jours, à peine. Mais c’est l’adon. Ces choses-là me font vraiment triper: comment se fait-il qu’on s’est croisés, là, là, à Thingvellir, à 11h, en ce samedi matin islandais frette et venteux? C’est une question de secondes, voire de minute sans S. Et de regards. Parce que Stéphanie et Émilie se sont regardées… alors que Michaël et moi, ben, on regardait ailleurs.

Changements dans les plans.  Ben, pas tant que ça.  Ben, pas pantoute, finalement.

On a fini leur visite de Thingvellir.

On a diné dans notre char, comme on avait prévu le faire. Sauf qu’on était 4 au lieu de 2.
On a pris la route pour aller à Geysir, qu’on a visité. On a fait comme tous les touristes autour: on a attendu que Strokkur saute pour le prendre en photo. Puis après, on est allés dévaliser le Gift Shop.


On a pris la route pour aller à Gullfoss. On a vu les chutes. C’était beau. Mais celui qui a écrit, dans les guides sur l’Islande, que c’était comparable aux chutes Niagara et que le bruit était assourdissant n’est visiblement jamais allé aux chutes Niagara. Pis on n’est vraiment pas chauvins quand on dit ça. Pis on a visité le Gift Shop.

Après Gullfoss, il a fallu se décider, penchés sur le capot de l'auto, à regarder la carte routière.


On s’est ramassés à Reykholt pour souper. En hommage aux 200 000 Québécois qui ont déménagé hier, on a pris un «buffet» de pizza. Tous les quatre, on a pris une pizza différente et on s’en est donné un morceau. Le bonheur tient vraiment à peu de choses, parfois.

À 20h, non sans s’être donné un paquet de câlins, on s’est séparés. On sait qu’on va se revoir dans une dizaine de jours, c’était prévu. C’était l’adon de la rencontre qui a rendu la journée particulière.

Comme on n’avait pas visité la faille de Thingvellir le matin, Stéphanie et moi, on a décidé d’y retourner. Ben quoi? C’est pas parce qu’il est 22h30 qu’on ne peut pas aller visiter… Faque on a arpenté, dans la paix la plus totale, les quelques centaines de mètres de ladite faille.  Au soleil pas encore couchant parce que ne se couchant pas.  Ça avait quelque chose de délinquant.  Je le disais: le bonheur tient à vraiment peu de choses, parfois. Et à un peu d’adon.


vendredi 1 juillet 2016

De glace et de feu


Bon.  On est en Islande. Pis même si c’est l’été, répétez avec moi: «Fafrette». Stéphanie fait dire «Ben frette».  On le savait, on ne va pas se plaindre. Mais un vent à 70 km/h sur le dessus d’un glacier, mettons que. Ou sur le dessus d’un cratère de volcan. (Ève? Pourquoi le vent, il souffle par bourrasques qui nous jettent à terre?)


On a pris un genre d’autobus, au bout de la route 550 (je ne peux pas croire que cette route-là était numérotée… dans son état de garnottes avancées…). Ça nous a amenées sur («sur» dans le sens de «dessus») le glacier.  Les pneus qui se dessoufflent («déflater» a dit notre gentille guide) automatiquement quand on arrive sur le glacier. Ben, c’est le chauffeur qui pèse sur le piton approprié pour enlever de l’air dans les pneus pour qu’ils aient plus d’adhérence sur la neige et la glace. C’est correct, je trouve. Je n’ai pas trop de problème à attendre pour ça, mettons.  On roule sur la neige, dans la sloche et sur la glace. (Richard? Tu aurais dû dégonfler les pneus de ton Safari Condo pour te sortir du chemin du Rassemblement d’hiver, non?)


Et là, arrive l’entrée du glacier Langjökull.  Creusée de main d’homme au début, puis à la scie à chaine et maintenant entretenue au John-Deere. Je connais certains de mes amis qui prendraient plaisir à nettoyer l’intérieur du glacier, juste à cause de ça… (Daniel? Frédéric? Si on fournissait des palettes, en plus, ça vous dirait?)


On était habillées comme des ognons (remarquez l’orthographe rectifiée). Chandail à manches longues, polar, premier manteau, deuxième manteau imperméable. Pantalons de pluie. Tuques. Foulard. Gants. Bottes. On nous a fourni des crampons. (Banane? Mimi? Ça ressemble à notre voyage en République Tchèque ça, non?)

C’est parce que le glacier, dedans, il fond. En fait, non. Le glacier ne fond pas. C’est la neige qui est au-dessus qui fond et qui pénètre la glace. Sauf autour des lumières. (Alexandre? C’est pas supposé chauffer, des DEL. Pourquoi la glace fond autour, alors?)


Petit Gauty (c’est son nom…) qui nous a expliqué ça très sérieusement, avec sa tuque lui aussi. On était à 25 mètres de creux, on a marché à peu près 600 mètres sur la glace et dans l’eau, dans une couche de neige puis dans une couche de glace (Sara? Mes Blundstone sont étanches!!!)

On a vu une crevasse, trouvée par hasard. Genre que les débiles creusaient pour avancer le tunnel à visiter, pis là, tout à coup, ils ont pogné une «veine d’eau». La chienne leur a pris et ils sont sortis en courant… parce que l’eau s’est mise à jaillir de partout. Mettons que ça te tente pas de rester pris «dans» le tunnel d’un glacier qui se remplit d’eau (Sophie? Louis? Ça ne vous fait pas penser à Arnaldur Indridason?)

Dans le genre exploration dépaysante, on a gagné le gros lot. Mais on en est sorties vivantes! Après le tunnel de lave hier, le dedans d’un glacier aujourd’hui.  On fait dans les éléments de la nature, je trouve. (Alexis? Est-ce que ça te fait plus penser à Naruto, à Bakugan, à Yo-Gi-Oh! ou à Fairy Tail?)

On a continué l’exploration de notre région d’adoption. Un cratère de volcan. Éteint, j’espère.  Vous dire le vent qu’il y avait là, ça nous a empêchées de faire le tour.  On allait se crasher dans le trou, c’était sûr! Regardez-nous l’air. (Mic? Émilie? Je suis sûre que vous faites plus dur que nous!!!)