samedi 2 juillet 2016

Tu parles d'un adon



Ce matin, Stéphanie et moi avons décidé de passer «par les terres» pour aller visiter le Cercle d’or. On suppose que ce n’est pas pour rendre hommage à un gars qui pisse à terre, en rond, dans la neige, que ça s’appelle comme ça (on a vraiment vu ça sur une carte postale…)
On est donc passées par nulle part. Tellement nulle part qu’on avait du ouifi pour mettre des affaires sur Facebook… Ils sont de même, les Islandais.

Dans l’ordre, on veut voir:
1- Thingvellir: la faille entre les plaques nord-américaine et européenne;
2- Geysir: là où est né le premier geyser qui a d’ailleurs donné son nom islandais au phénomène;
3- Gullfoss: ça a l’air que c’est une belle chute qui se compare au Niagara.

Mettons que c’est à peu près ça qu’on a fait.  Parce que, tu parles d’un adon…
En arrivant à Thingvellir, on taponne pour trouver le stationnement, on va aux bécosses… pis on se décide à aller marcher sur la faille. Quand tout à coup, Stéphanie et Émilie se crient après: «Stéphaniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!» «Émiliiiiiiiiiiiiiiiie!»  Réalisant qu’on va croiser nos amis, je suis émue, moi aussi: «Ah ben, bazwell…»  Et je me garroche dans les bras de Michaël.  Bon, c’est pas parce que ça faisait longtemps qu’on s’était vus: trois jours, à peine. Mais c’est l’adon. Ces choses-là me font vraiment triper: comment se fait-il qu’on s’est croisés, là, là, à Thingvellir, à 11h, en ce samedi matin islandais frette et venteux? C’est une question de secondes, voire de minute sans S. Et de regards. Parce que Stéphanie et Émilie se sont regardées… alors que Michaël et moi, ben, on regardait ailleurs.

Changements dans les plans.  Ben, pas tant que ça.  Ben, pas pantoute, finalement.

On a fini leur visite de Thingvellir.

On a diné dans notre char, comme on avait prévu le faire. Sauf qu’on était 4 au lieu de 2.
On a pris la route pour aller à Geysir, qu’on a visité. On a fait comme tous les touristes autour: on a attendu que Strokkur saute pour le prendre en photo. Puis après, on est allés dévaliser le Gift Shop.


On a pris la route pour aller à Gullfoss. On a vu les chutes. C’était beau. Mais celui qui a écrit, dans les guides sur l’Islande, que c’était comparable aux chutes Niagara et que le bruit était assourdissant n’est visiblement jamais allé aux chutes Niagara. Pis on n’est vraiment pas chauvins quand on dit ça. Pis on a visité le Gift Shop.

Après Gullfoss, il a fallu se décider, penchés sur le capot de l'auto, à regarder la carte routière.


On s’est ramassés à Reykholt pour souper. En hommage aux 200 000 Québécois qui ont déménagé hier, on a pris un «buffet» de pizza. Tous les quatre, on a pris une pizza différente et on s’en est donné un morceau. Le bonheur tient vraiment à peu de choses, parfois.

À 20h, non sans s’être donné un paquet de câlins, on s’est séparés. On sait qu’on va se revoir dans une dizaine de jours, c’était prévu. C’était l’adon de la rencontre qui a rendu la journée particulière.

Comme on n’avait pas visité la faille de Thingvellir le matin, Stéphanie et moi, on a décidé d’y retourner. Ben quoi? C’est pas parce qu’il est 22h30 qu’on ne peut pas aller visiter… Faque on a arpenté, dans la paix la plus totale, les quelques centaines de mètres de ladite faille.  Au soleil pas encore couchant parce que ne se couchant pas.  Ça avait quelque chose de délinquant.  Je le disais: le bonheur tient à vraiment peu de choses, parfois. Et à un peu d’adon.


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